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Quand j’attendais mon troisième enfant, j’avais peur de ne pas l’aimer, parce que j’avais perdu un enfant avant lui, parce que j’allais avoir une césarienne qui m’empêcherait de le voir naître, de passer ses deux premières heures avec lui, de lui donner son premier bain, ses premiers soins. Et puis, il est né et je l’aime, mais j’aime à travers lui mon enfant perdu et tous les enfants que je n’aurais plus, puisqu’à 40 ans, après trois enfants, je suis censée ne plus en avoir. C’est horrible car je pense à l’amour de ma mère pour moi, sa petite dernière. Je crois qu’elle m’a plus aimé que les autres, mes frères et sœurs l’ont bien senti, mais je percevais, moi, que cet amour ne m’était pas adressé. Je comprends maintenant qu’elle aimait à travers mois ceux qu’elle n’a jamais eu, ses enfants avortés et ceux bouffés par sa ménopause… Un dernier enfant est un deuil, deuil de ceux qu’on […]
Yoda : L'énergie d'un Jedi émane de la Force. Mais, méfie-toi du côté obscur ! La colère, la peur, l'agression, forment le côté obscur de la Force. Elles se répandent facilement, prêtes à te rejoindre pendant le combat. Si une seule fois tu t'engages au côté obscur, à jamais il dominera ton destin et te consumera... Comme il l'a fait de l'apprenti d'Obi-Wan. Luke : Vador... Le côté obscur est le plus fort ? Yoda : Non! Non. Plus facile, plus rapide, plus séduisant ! Le maitre Yoda aurait dû ajouter que le coté obscur était aussi formé par l’indifférence, l’inattention, que se laisser bouffer par son boulot, ses passions au détriment de ceux qu’on est censé aimer faisaient tomber du mauvais coté de la force. Apres quelques mois sous l’emprise de Dark Vador, j’ai empoigné mon sabre laser et j’ai dû menacer de couper le lien qui nous unissait pour qu’il fasse des efforts et […]
Charité : n.f. (lat. caritas) : acte fait par amour du prochain. Amour : n.m. (lat. amor) : dévotion envers une personne. Dévouer (se) : v. pr. (lat. devovere) : faire abnégation de soi-même. La charité serait donc un acte fait par abnégation de soi-même et je ne vois pas comment il peut en être autrement, en effet. J’ai longtemps cru en la bonté, la charité chrétienne, qui assurerait le paradis ici et dans les cieux. J’ai longtemps cru qu’être bonne, au sens chrétien du terme, m’apporterait la paix. J’ai beaucoup de défauts. Je suis orgueilleuse, fière, parfois egocentrique, souvent capricieuse mais je suis généreuse. J’ai longtemps cru que c’était une qualité en soi. Je m’aperçois aujourd’hui que c’est une déviance et j’en cherche maintenant désespérément la cause. Suis-je à ce point en manque d’amour pour avoir tant besoin de donner ? Est-ce que donner n’est pas, après tout, […]
Les calendriers de l’avent sont commencés. Deux calendriers identiques avec leur nom dessus pour préserver leur individualisme sans attiser leur jalousie. Chaque case ouverte les rapproche du nirvana et plonge la mauvaise mère dans des comptes d’apothicaire : est-ce que la mappemonde de S. sera équivalente au DVD de P., combien de voitures pour P. pour un télescope à S. ? Et elle tient ses comptes à jour dans un Excel pour ne faire aucune erreur. La mauvaise est obnubilée par la jalousie. La mauvaise mère a eu ses enfants pour des raisons différentes, à des moments différents, avec une envie différente, mais elle les aime tous les trois autant. Même si le don de son ainé pour le dessin l’émeut au plus au point, même si la ressemblance physique frappante de son second la perturbe, même si elle savoure tous les gazouillis de son dernier parce que c’est le dernier, elle n’arrive à en […]
« Tu ne m'as même pas fait souffrir à ta naissance. » C’est ce que dit Clytemnestre à l’Electre de Giraudoux. Comme si c’était la souffrance qui faisait la mère. Pourtant, à écouter la litanie des bonnes mères, il ne faut pas souffrir pour être belle, mais il faut souffrir pour être mère. C’est à qui se vantera d’avoir accouché sans péridurale, ou d’avoir attendu au-delà du terme avec une sciatique et de la rétention d’eau sans avoir demandé de déclenchement. C’est à qui énumérera les maladies de ses marmots avec force détails sur les vomis à trois heures du mat’ et les nuits blanches à l’hôpital. Et tout ça, madame, en préparant des verrines et du pain chaud pour le repas du soir ! On est toutes là, les apparentes bonnes mères, à se juger et à se jauger et à tenter de prouver aux autres qu’on n’est pas de si mauvaises mères que cela. Ben oui, la preuve, je souffre… Et si je ne […]